page créée le 5 août 2006
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Lucien Simon, La Récolte des pommes de terre, 1907,
huile sur toile, H. 1,02 m ; L. 1,375 m
Quimper, Musée des Beaux-Arts

Lucien Simon, 1861-1945, Quimper, musée des Beaux-Arts, 30 juin – 2 octobre 2006

        La décision de ne montrer que des travaux aux thèmes bretons de ce peintre qui reste encore à découvrir est assez critiquable. Alors quoi ! Un musée breton est-il condamné à ne montrer que des œuvres en rapport avec la Bretagne ? Les rétrospectives sont-elles réservées à Paris ou à d'autres villes plus importantes ? Quel dommage. C'est sans doute là la conséquence de l'identité régionale toujours prépondérante.
        Tant est que la distinction entre la personnalité et l'art de Lucien Simon ont souvent tendance à se perdre derrière une vision sociologique de la Bretagne (et particulièrement du pays Bigouden). En effet, le peintre représente un grand nombre de scènes de la vie quotidienne. Il aime regarder les êtres humains. Il aime montrer les costumes aux riches broderies et les diverses activités de ses personnages : intérieurs de logis ou d'église, récoltes (des blés, du goémon), pardons, processions, fêtes, bals, etc. Il ne fait pourtant pas de critique sociale. En artiste bourgeois, il regarde le peuple avec complaisance. Autour de lui, la vie est comme elle doit être. Chacun est à sa place.
        L'environnement l'intéresse ainsi très peu. Il n'est pas paysagiste. Il s'oppose d'ailleurs à l'Impressionnisme en débutant sa carrière avec une matière très sombre ; si bien que Léonce Bénédite l'associe à la « Bande noire », aux côtés de Charles Cottet et de Lucien Lévy-Dhurmer. Mais dès les années 1900, il éclaircit sa palette tout en conservant une pâte épaisse qu'il sait travailler pour rendre au mieux son sujet. Et toujours, il revient vers la Bretagne et peint des tableaux qui trouvent des acquéreurs non seulement à Paris mais dans l'Europe entière et jusqu'aux Etats-Unis. Toutefois, à la fin de sa carrière, ces « bretonneries » n'intéressent plus personne et ses œuvres et son nom tombent dans l'oubli.
        On saura donc gré au Musée de Quimper d'avoir exhumer Lucien Simon du purgatoire de l'histoire de l'art – dans lequel attendent encore tant d'autres nom – et même s'il n'a choisi qu'un bout de la lorgnette : la passion de ce peintre pour le pays Bigouden (il y meurt d'ailleurs), c'est toujours beau de découvrir.
Catalogue : il n'est pas édité de catalogue à l'occasion de cette exposition, mais les éditions Palantines ont réédité l'ouvrage d'André Cariou en l'augmentant quelque peu : 176 pages, 150 ill., 38 €.
Site internet : musée des beaux-arts de Quimper

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