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Jean Puy, un fauve discret, Paris, Musée Marmottan, 6 octobre 2004 - 30 janvier 2005

         Il est intéressant de voir combien en peu de mots un simple sous titre peut résumer une carrière. En effet, grâce à cette exposition, on comprend très bien que le peintre d’origine roannaise Jean Puy (1876-1960) est resté en retrait tout au long de sa carrière. Ainsi, s’il fait ses premières armes artistiques à l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon à partir 1895, puis à l’Académie Jullian en 1898, ensuite dans l’atelier d’Eugène Carrière en 1899 (dans lequel il rencontre Derain, Manguin, Marquet, Matisse) et qu’il fait partie du célèbre Salon d’Automne de 1905 qui voit le baptème du groupe des Fauves, il préfère faire de calmes séjours en Bretagne et au bord de la Méditerranée avant de se retirer, en 1940, à Roanne pour y finir sa carrière ; toujours loin des rugissements de ses coreligionaires.
        Sa peinture s’en ressent. Malgré une utilisation toujours savante de la couleur, nous n’y retrouvons pas les positions extrémistes des Fauves plus connus. Ainsi, si pour ceux-ci, les motifs ne sont qu’un prétexte dans leurs recherches chromatiques et formelles, pour Jean Puy, ils gardent une saveur de curiosité. Ses paysages sont des vues qu’il apprécie (dont la magnifique Plaine de Roanne, 1901), ses portraits sont toujours assez réalistes pour reconnaître le personnage représenté (La Potrinelle, 1902), ce sont des gens de la vie quotidienne qui évoluent dans ses scènes de genre (Le Port de Concarneau, 1909).
        Par ailleurs, si Jean Puy n’est pas aussi connu que les autres Fauves, c’est certainement parce qu’il n’a pas su trouver une voie artistique propre. Au fil de ses œuvres, on le voit toujours hésitant entre différentes influences et formes d’expressions. Il se fait tour à tour suiveur de certains peintres de Pont-Aven, de Matisse, de Marquet, de Bonnard, etc. sans réellement jamais trouver son style. Ainsi, ses couleurs peuvent se faire éclatantes comme complètement éteintes (Mer à Belle-Ile, 1902), ses formes très rudimentaires ou, au contraire, assez finement dépeintes, sa touche peut être large et pâteuse comme fine et élégante.
        Il est bien évident que ces caractères disparates de son art n’ont pas joué en sa faveur, lui qui avait de toute évidence des atouts non négligeables (un tableau comme la Femme dans son tub, v. 1906 et son fantastique contre-jour en est définitivement la preuve). Il ne lui a manqué qu’une volonté, une confiance en soi à toute épreuve.
        Ajoutons à cela, que l’accrochage des toiles n’arrange en rien la compréhension de cette carrière en zig-zag : n’étant ni chronologique, ni thématique, on semble finalement se promener dans un « dédale » (réduit) d’œuvres que peu de choses mettent en rapport les unes avec les autres.
        Un bon point néanmoins pour la présentation de quelques exemples de dessins qui prouvent non seulement que Jean Puy est un artiste consciencieux qui étudie ses motifs sur le vif, mais aussi un très bon dessinateur qui manie avec dextérité le crayon, le fusain, le pastel, le lavis d’encre de chine ou l’aquarelle.

Catalogue : 96 pages, 20 euros.
Site internet : musée Marmottan


Jean Puy,
Petite faunesse dormant,
1906, coll. part. Lyon

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