Page créée le 10 mars 2005
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Francis Bacon dans son appartement
du 7 Reece Mews, Londres, juin 1982
Bacon Picasso, La vie des images, Paris, Musée Picasso, 2 mars-30 mai 2005
Si vous lisez mes chroniques, vous connaissez mon
dédain pour les expositions " grand public " qui ont pour but de remplir les tiroirs-caisses (pas toujours
florissants, il est vrai) des musées. Et la meilleure manière de faire venir un maximum de
visiteurs est de monter une exposition où figure un des grands noms de l'art
(Léonard de Vinci, Monet, Picasso, Warhol…).
C'est donc avec un certain préjugé
que je me suis rendu à l'exposition Bacon-Picasso, La vie des images au musée Picasso de Paris.
Est-ce à cause de ce préjugé, mais j'ai trouvé que cette exposition était un
événement prétexte (sous entendu : à gagner de l'argent). Il m'a semblé que
les commissaires de l'exposition ont voulu faire du lien - assuré - entre l'art de
Francis Bacon et celui de Pablo Picasso une trop grosse corde.
D'accord, Bacon a lui
même dit que c'était à la suite d'une visite à l'exposition Cents Dessins
par Picasso à la galerie Paul Rosenberg (Paris, juin-juillet 1927) qu'il
s'est décidé à peindre. D'accord on retrouve de nombreux thèmes, formes
et couleurs similaires dans les œuvres exposées, prouvant par là que, tout au
long de sa carrière, Bacon est souvent revenu voir Picasso.
Pourtant, l'exposé
est un peu flou. Veut-on montrer la filiation thématique ? on submerge la salle
d'œuvres de Picasso en regard d'une seule toile de Bacon. Ainsi face au célèbre
Bull Fight de l'Irlandais sont exposés cinq ou six tableaux et gravures
du maître espagnol. Bacon fait-il une Crucifixion ? On la confronte
à un nombre aussi élevé de pièces de Picasso. Si bien que le but de l'exposition
(montrer l'œuvre de l'un à la lumière de celle de l'autre) n'est plus vraiment
très clair.
Le pauvre Francis, malgré ses formats
imposants et ses à-plats de couleurs éblouissantes paraît vraiment faire pâle figure.
A ses seules toiles sont opposés de mutiples ouvrages de Pablo traités avec différentes techniques.
Il apparaît comme écrasé par la supériorité de la bête-Picasso.
Toutefois, malgré
leur petit nombre (et finalement, peut-être, grâce à cela) les tableaux de Bacon s'en
sortent plutôt bien. Le peintre ne peut être vu comme un imitateur, car s'il
est influencé, il n'est certainement pas un copieur. D'ailleurs beaucoup de
visiteurs (venus en relativement grand nombre ce mercredi) ne s'y méprennent
pas et semblent montrer plus d'intérêt pour l'Irlandais que pour l'Espagnol. Ont-il
regretté, comme moi, de ne pas pouvoir descendre plus avant dans l'univers fantastique
de Bacon ? Car, en effet, au fil des salles, on n'apprend presque rien sur lui
à part sa dette envers le maître. Mais peut-être est-ce là le rôle du Musée
Picasso…
Catalogue : 240 p., 200 ill., 40 €
Site internet : www.musee-picasso.fr/