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Henri Rivière, Le Travail aux champs,
1906, deuxième œuvre de la série Au Vent de noroît,
lithographie, L. 0,495 m ; H. 0,375 m.

Henri Rivière, La Bretagne en couleur, Quimper, Musée départemental breton, 21 juin – 21 septembre 2003
        La reconnaissance du litho- et xylographe Henri Rivière est en marche ! Après l’exposition organisée par le Musée d’Orsay en 1988, c’est bien naturellement le Musée départemental breton de Quimper qui lui fait honneur en cet été 2003. Le musée profite d’ailleurs certainement du battage autour du centenaire de la mort de Paul Gauguin et de l’exposition très populaire et malheureusement surchargée du Musée des beaux-arts de la même ville (L’Aventure de Pont-Aven et Gauguin, 12 juillet – 30 septembre 2003). Toutefois, Henri Rivière n’est pas un artiste de Pont-Aven. S’il y est passé, il ne s’est pas arrêté. A la fin du XIXe siecle, la grande colonnie de peintres qui séjourne dans ce village de moins en moins paisible est certainement décourageante. Non ! Henri Rivière préfère découvrir par lui-même des coins beaucoup moins courrus et qui offrent autant, si ce n’est plus, de charme. D’ailleurs à la douceur du paysage du sud de la Bretagne, il recherche plutôt les sites plus grandioses de l’ouest et du nord de la région et principalement la presqu’île de Crozon. Il aime les côtes découpées et les rochers battus par une mer jamais étale, la lande brune qui s’accroche et fait front aux quatre vents et surtout il n’oublie pas la population qui doit affronter ces éléments déchaînés, les hommes qui prennent le large et les femmes restées à terre et qui vaquent à leurs occupations quotidiennes.
        Les amoureux de la Bretagne retrouvent tout cela dans la très belle exposition de Quimper. Des paysages que l’on peut plus ou moins facilement reconnaître, que Rivière a toujours magistralement retranscrits. En gravure, bien entendu, dans des formats traditionnels, aussi bien que dans des formats allongés en hauteur ou en longueur – directement inspiré de l’art japonais – mais aussi en aquarelle, grâce à quelques exemples regroupés dans la dernière salle. Toutes ces œuvres prouvent, si le besoin en est, que le climat changeant de la Bretagne a su largement inspirer l'artiste.
        Un bon point est donné pour l’aspect didactique des textes accompagnant les images dans les salles, qui permettent de comprendre l’univers d’Henri Rivière, tant ses sources d’intérêt que les techniques qu’il utilise.
        Par contre, on pourra regretter que l’accent soit mis quasiment exclusivement sur son œuvre bretonne. Bien sûr, il est certainement difficile d’attendre autre chose du Musée départemental breton. Cependant, en visitant cette exposition, on a facilement l’impression qu’Henri Rivière ne s’est intéressé qu’à la Bretagne. Une véritable salle « parisienne » (dont l’idée existe tout de même dans la première salle) n’aurait peut-être pas été de trop.
Le musée ne publie pas de catalogue, cependant on peut se procurer au musée et dans les librairies la publication Henri Rivière chez la Banque de l'image.

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