page créée le 13 février 2003
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A
l'automne de l'année 1834, David d'Angers, voyage avec sa femme
en Allemagne. Le but de ce voyage est moins de découvrir l'art
et les artistes que d'obtenir quelques commandes de bustes ou de médaillons
(effigies dans lesquelles David s'est fait une spécialité)
des personnalités de ce pays.
Au
cours de ce séjour, il continue de prendre des notes sur ce qu'il
voit et ce qu'il fait, une habitude qu'il
a prise cinq ans auparavant. De passage à Strasbourg, Berlin, Dresde,
Weimar, Nuremberg, Munich, il rencontre des personnalités marquantes
de la vie culturelle, des artistes bien entendu (sculpteurs et peintres)
mais aussi des littérateurs et des amateurs d'art et de culture.
Grâce à son oeil sagace, il dresse alors par écrit
un portrait rapide de chacun d'eux, décèle les défauts,
se réjouit des qualités, avance quelques vérités,
rapporte des on-dit. De plus, il s'attarde sur quelques personnes qui
le frappent. C'est le cas de Caspar David Friedrich qu'il rencontre à
Dresde et à qui il réserve un nombre plus important de pages.
Dans
ces lignes sur l'art, les artistes et la vie culturelle allemands, David
expose les choses telles qu'il les voit, avec son regard aigu d'artiste.
Il tente rarement une comparaison avec l'art français. Il apprécie
les qualités des œuvres, n'oublie pas d'en détester
d'autres (c'est le cas de Thorwaldsen, dont les œuvres sont pour
David, toutes "mauvaises" et "nulles"). Et quand,
à Munich, il ose se faire critique ou théoricien devant
les œuvres tant peintes que sculptées commandées par
Louis Ier, roi de Bavière, il donne son avis avec parcimonie,
jugeant peu en se basant sur des préjugés (il trouve tout
de même que les contours dans les œuvres des Allemands ont
souvent de la "sécheresse", qu'ils ne pourront jamais
exprimer "cette chaleur qui fait représenter la vie"
et même, assez étonnement, qu'ils "sont totalement dénués
de goût" car "ils n’ont pas assez de vivacité
dans l’esprit") et selon lui chaque artiste, autant l'architecte
Klenze que les peintres Cornelius ou Kaulbach, a fait aussi bien des choses
magnifiques qu'ineptes. De fait, il fonde son jugement sur ses rencontres
avec les différentes personnes et sur ce qu'il se fait raconter.
Ceci lui permet de toujours faire le lien entre l'artiste et l'œuvre.
Il tente de comprendre l'un avec l'autre et vice-versa. Si bien que ces
lignes sont pleins d'une sincérité clairvoyante où
l'on retrouve avec plaisir des personnes connues (les lignes sur Friedrich,
qu'il francise en Frédéric, sont exquises) en même
temps qu'on apprend à en connaître d'autres, dont le nom
est de nos jours quasiment inconnu.
Par
commodité de téléchargement, nous avons partagé
les notes de David d'Angers sur l'Allemagne, qui sont assez longues, en
deux parties (Strasbourg-Berlin-Dresde et Weimar-Nuremberg-Munich). Cette
partition n'existe aucunement dans le texte de David, tout comme le titre,
Notes sur l'Allemagne, que nous leur donnons.
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