page créée le 27 octobre 2005
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Kurt Schwitters,
couverture d'Anna Blume, 1919,
dessin à la plume lithographié, H. 0,223 m ; L. 0,144 m,
Hannovre, Stadtbibliothek, archive Schwitters
Dada, Paris, Centre Pompidou, 5 octobre 2005 - 9 janvier 2006
Peut-on exposer Dada ? La réponse est donnée dès l'entrée de l'exposition : non. Peut-on comprendre Dada ? Non plus. Peut-on seulement expliquer Dada ? Certainement pas. Alors ?
Alors, il ne reste que la possibilité d'exposer les faits, tels qu'on peut les retrouver et les restituer tant bien que mal. C'est ce que tente cette expostition-évènement. Dans une suite de petites salles carrées sont présentées les différentes facettes de Dada : les centres géographiques (le cabaret Voltaire à Zurich, New-York, Berlin et Hannovre, la Belgique, les Pays-Bas et l'Italie jusqu'aux extrêmes développements au Japon), les personnalités marquantes (Tristan Tzara, Jean arp, Kurt Schwitters, Marcel Duchamp, Hanna Höch, Francis Picabia,
Raoul Hausmann...) et les techniques (collage, photomontage, ready-made, son, musique, peinture, cinéma, dessin, performance...). Il n'y a pas d'ordre, pas de cheminement préétabli. On peut passer d'une salle à l'autre, y retrouver un artiste, une ville, un média d'expression. On peut revenir sur ses pas, revoir le même artiste, la même ville, le même média d'expression. C'est peut-être une salle qu'on a déjà vue. C'en est peut-être une autre. On est vite perdu. Le plan distribué à l'entrée est une aide de dernier recours. Nous sommes entrés dans le monde de Dada. Tous les repères (chronologiques, spaciaux, idéologiques...) sont abolis. Tout est cul par dessus tête. Textes, peintures, dessins, tout a perdu le sens commun, comme le monde qui se massacre dans les tranchées au nom d'une culture rationnelle. Qui a finallement raison ? Le plus fort ? Ou les "pleutres" qui se sont refugiés en Suisse et qui n'ont rien trouvé rien de mieux que de s'amuser de la folie meutrière qui traverse l'Europe et le monde. Une chose ressort de cet enchevêtrement d'oeuvres si diverses : Dada est un mirroir qui révèle le malaise de la civilisation. Celui qu'on essaie de cacher derrière des masques de respectabilité et qui surgit de la moindre aspérité d'une façade bon teint.
Mais attention, Dada n'est pas la vérité de notre monde, il n'en est qu'une partie. Il est ce qu'on essaie de surpasser, en l'occultant, pour approcher de l'idéal. Et finalement c'est vers un nouvel idéal que Dada nous emporte, un idéal fait de bric et de broc, d'objets du rebut. Une nouvelle poésie.
catalogue : 1024 pages, 2000 reproductions, 39,90 €
site internet : centre pompidou