page créée le 5 mars 2003
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La nouvelle Pinacothèque de Munich, vers 1853
Au
cours de son séjour à Munich, Théophile Gautier fait
une visite à la nouvelle Pinacothèque, ouverte en 1853[1].
Dans les pages qu'il écrit
après son passage, il donne à son habitude une critique
des œuvres qu'il y voit. Ainsi, la peinture allemande ne trouve guère
grâce à ses yeux. Au fil des salles, il peut admirer une
rare toile, c'est le cas d'Italia und Germania d'Overbeck, ou
de quelques toiles du paysagiste Carl Rottmann, mais aucun peintre ne
sait le séduire franchement. Il trouve toujours à redire,
un défaut à reprendre. Ainsi un tableau d'Heinrich Hess "n’a
aucun des défauts caractéristiques, mais aussi aucune des
qualités exorbitantes qui excitent les dénigrements et les
enthousiasmes passionnés". Bien sûr, il est vrai qu'il
est de la même façon très critique dans le Salon parisien,
distribuant des blâmes aux uns et applaudissant d'autres et ce,
même si les noms des uns et des autres sont de nos jours oubliés ou au contraire connaissent une notoriété
toujours d'actualité. Mais il est vrai que ses réactions
face à cette "nouvelle école allemande" sont souvent
négatives, tellement qu'il semble faire preuve de mauvaise volonté
et paraît guidé par une comparaison avec l'art français,
peut-être bien inopportune. Ces lignes, tout comme celles à
propos de Peter von Cornelius, sont
alors assez désagréables à lire, tant on prend pitié
des artistes.
Néanmoins,
ces deux textes, sont écrits par un Théophile Gautier libre
de toute pression rédactionnelle et de concession dictée
par l'amitié, à défaut de préjugés
nationaux. Il parle des œuvres telles qu'il les voient et les ressent.
Les critiques qu'il fait sont alors à ses yeux méritées
et c'est de son propre chef qu'il insinue
– il ne l'exprime pas clairement – que les Allemands ne devraient
pas s'adonner à la peinture mais à l'écriture, car
l'Allemagne n'est pas un pays d'artistes mais de penseurs et l'érudition
tue la spontanéité. Finalement dans toute la nouvelle Pinacothèque
de Munich, il semble préfèrer un seul tableau sans grande
prétention du peintre anglais David Wilkie à la production
allemande dans son ensemble.
Une nouvelle fois, nous découvrons sous
sa plume le même regret que nous avons perçu dans le texte
sur Cornelius, à savoir le triste échec de l'école
d'outre-Rhin dans sa tentative de résurrection du grand art. Un
échec qui n'est malheureusement pas, comme en France à la
même époque, imputable aux moyens donnés par les autorités
politiques.
[1]comme il dit qu'elle est ouverte depuis six mois seulement, cela nous permet de dater précisément son voyage.
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