Page créée le 15 janvier 2003
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Une rencontre ratée avec Georg Baselitz
Vendredi 10 janvier
2003 à eu lieu à la galerie Michael Schultz de Berlin le
vernissage de l’exposition Ansicht, où sont présentées
quelques œuvres des élèves de la classe de Georg Baselitz
à l’Akademie der Kunst de Berlin.
Je ne tiens pas à donner mon avis sur les peintures qui y sont
exposées, n'ayant, je dois l'avouer qu'un intérêt
médiocre pour la peinture figurative contemporaine (cet intérêt
résulte plutôt du fait que je n’ai pas réfléchi
à l’oportunité d’une telle expression qu’il
n'est un rejet total et définitif).
Je veux plutôt dire que cette exposition aurait pu être pour
moi l’occasion de rencontrer Georg Baselitz, un des grands noms
de la peinture allemande contemporaine.
Malheureusement, quand je suivis dans la foule l’amie qui m’accompagnait
(à qui j’avais demandé de me le montrer), ce fut pour
être interceptés par une des artistes exposantes, Corinne
Chambard, accompagnée de son mari. Une discussion s’entama
sur nos travaux et projets respectifs et j’en oubliai Baselitz.
Quelques temps plus tard, je demandais à la même Corinne
Chambard de me désigner son maître. Mais quand nous fîmes
un tour de la galerie, c’était pour s’apercevoir que
l'artiste n’était plus là. Nous apprîmes par
la suite, qu’il avait dû s’absenter car sa femme était
à l’hôpital, souffrante de l’œil.
Ainsi, ma rencontre avec Baselitz se solda par un échec !
Bien sûr, le mot ‘rencontre’ est un bien grand mot.
Me connaissant, je n’aurais jamais pu lui adresser la parole. Non
seulement à cause de ma timidité naturelle, mais aussi à
cause de mon niveau toujours moyen dans la langue allemande associé
à la conscience que, si on devait être présenté
l’un à l’autre, je n’aurais rien à lui
dire, puisque je connais très mal son œuvre. Mais, si ce n’est
le rencontrer, du moins le voir en chair et en os. En effet, je suis de
ceux qui pensent, quoi qu’on dise, que l’habit fait le moine
: souvent le caractère
des gens transparaît sur leur attitude et, chez un artiste, s’exprime
dans son œuvre – de différentes manières, il
es vrai – et l’étude de l’un explique grandement
l’autre
Par ailleurs, il est aussi évident que ce genre de personnage,
grâce à l'intercession de quelques uns de ses élèves
– dont je connais deux éléments – n’est
pas facilement approchable. Quand on est l’un des artistes les plus
imminents de la scène nationale et internationale et que l’exposition
dans laquelle on se trouve participe aussi à la gloire, on est
toujours entouré d’une cour formée de gens aux petits
soins, buvant avec délice la moindre parole et riant de bon cœur
à la moindre réparti. A ce propos, Il est difficile de comprendre
ce que ces gens cherchent aux côtés d’un artiste comme
Baselitz. Il me semble qu'ils n’ont aucun avantage à en retirer…
Ils doivent de toute évidence rechercher à se montrer à
ses côtés, préférant paraître plutôt
qu’être.
Mais cette pensée m’amène à me demander ce
que moi, j’attendais d’une telle rencontre. N’est-ce
pas finalement cette même envie tapageuse de partager l’espace
de quelqu’un de connu ? Finalement, l’envie de partager un
peu de cette notoriété ?
On le comprend, rien ne m’encourageait à une rencontre. Qu’aurais-je
gagné à serrer la main de Baselitz en lui balbutiant quelques
mots incompréhensibles dans un allemand incorrect ? A
part paraître ridicule ! Qu’aurais-je gagner à partager
l’empressement d’une meute avide d’une gloire par procuration
? Non ! la simple vue de l’artiste m’aurait suffi. Je préfère
penser, comme on aime penser après un raté, que c’aurait
peut-être été l’occasion de rechercher la clef
de sa création qui reste toujours pour moi mystérieuse.
Exposition Ansicht,
galerie Michael Schultz, Mommsenstr. 34, 10629 Berlin-Charlottenburg
Georg Baselitz,Elke, 1976
huile sur toile, H. 2,500 m ; L. 1,905 m,
Modern art museum of Fort Worth
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